Manifestival - Festival 2007

Comment décroître les fièvres ?

vers la désamplification, pour une écologie du son.

Bien-sûr il faudrait d'abord parler de la misère et des inégalités sociales - ici, du "naufrage" des viticulteurs...et des autres. Et de l'effet de serre...et de tant d'autres problèmes * (notamment du Grand Doute qui plane sur un certain 11 septembre, www.reopen911.info ). Pourtant, une des causes de ces maux, est l'abandon de notre propre différence culturelle. Elle comprend entre autres nos "manières" de communiquer par nos sens, dont l'auditif, qui passe essentiellement aujourd'hui par le haut-parleur . Parlons donc des mutations de ces "manières"...

Non-sonorisés, les musiciens de carnavals et leurs marottes sont en mouvement eux-mêmes ; ceux qui assistent à leurs passages, n'ont d'autre choix s'ils veulent vivre la fête, que de les suivre, de se mettre en mouvement : ils reçoivent en leur corps une "manière de voir" la vie : c'est ici (entre autre) que se tisse une culture collective...

Sonorisés, certains spectacles se consomment, par un public immobile et passif, réuni en masse par une sonorisation puissante, où, quelle que soit la qualité des artistes, chaque auditeur reste figé par cette camisole sonore. ...René Coll lui-même parle de la fin du Bal, où l'on vient plus au "spectacle" que danser...

L'auditoire d'une veillée ne peut dépasser le cercle d'audibilité d'une voix exercée non-sonorisée, c'est à dire ne peut dépasser les 200 personnes grand maximum, - ce chiffre est la limite à partir de laquelle un clan scissionne pour en former un deuxième (cf. Lévi-Strauss, "Le Regard Éloigné") ... Dans cet échange, chacun s'objective par rapport aux réactions de l'Autre, et tout commentaire de l'auditoire semble agir sur l'orateur...

Sonorisée, la veillée audiovisuelle (télévision, cinéma, meeting,  etc...) isole chacun, et aucune réaction ne vient déranger l'orateur...nous nous croyons informés, mais de quelle réalité ?

A Alta on peut entendre du rock-sami, et à l'autre pôle, du rock-patagon ; ici, on sait le rock-occitan...la jeunesse, se croyant rebelle contre son cadre, s'acculture et se nivelle dans un autre cadre, celui d'une culture mondiale unique...très sonorisée. Les langues, les peuples, les cultures, disparaissent dans l'abîme de la consommation qui doit à tout prix croître, et la multitude des différences qui résistent encore tisse une « toile » désormais fragile.

Que faire ? Le silence ? Ou presque rien (cf Luc Ferrari)... En tous cas, une écologie du son, et la maitrise de cet outil qu'est le haut-parleur, qu'il parle enfin à Haut-Sens.

La pollution sonore est comme toutes les pollutions  ...sous la responsabilité de chacun.

Il y a urgence à oser faire un choix, à s'entendre, à changer nos habitudes politiques, artistiques, consommatrices.


Le Festival du Son MiRé, Journées Haut-Parlantes nous y invite, à la chapelle de Notre-Dame de Fabrezan, les 24, 25 et 26 août 2007 : elle a, parait-il, le pouvoir de faire décroître les fièvres...


André Dion

Manifestival 2007

Festival Son Miré
7, 8 et 9 Septembre 2018

Musique, danse, théâtre, poésie, vidéo, cinéma, photo, ateliers, ...

Village de Fabrezan dans l’Aude, à 5 km de Lézignan-Corbières.
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Informations :

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Texte à méditer :

Le défaut des Européens est de philosopher sur les origines d'après ce qui se passe chez eux

J.J.Rousseau, écrivain