Manifestival - Festival 2006

"Le Son de la Langue"

(où l'occitan* n'est plus l'affaire des seuls occitans)

Uèi.

Notre monde s'écroule.

Un monde de mémoire, millénaire.


Colonialisme ?

Un siècle et demi d'école obligatoire ?

Cinquante ans d'audiovisuel ?

Une économie de marché désormais sans rivale ?

Nous voici uniformisés par la langue, l'habit, le manger, et le reste...

D'analphabètes, nous voilà savants - croyons-nous, mais déracinés, acculturés.

L'après-mondialisation nivelle les peuples, peu à peu,

anéantissant sans retour une langue tous les quinze jours,

abêtissant la pensée humaine

vers un unilinguisme s'arrogeant l'univers ;

mais l'Unesco** signale encore quelques " trésors humains vivants ",

quelques " chefs-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité "

comme, depuis novembre 2005, le Poulain de Pézenas...

Déjà ?


   Plus près de nous, des langues, il y a cinquante ans à peine, étaient parlées couramment ; alsacien, basque, catalan, corse (ces quatre-là moins menacées que les suivantes), breton, flamand occidental, francique mosellan, francien, francoprovençal, franc-comtois, wallon, champenois, picard, normand, gallo, angevin, poitevin-saintongeais, orléanais, croissant, tourangeau, berrichon, lorrain, bourguignon-morvandiau, gascon, languedocien, provençal, auvergnat, limousin, vivaro-alpin.

Elles sont aujourd'hui, nous signale l'Insee, aux trois-quarts exilées dans les camps urbains de la mal-consommation, perdant peu à peu leurs locuteurs. Ironie de l'histoire, la langue d'état qui hier les étouffait, également en danger, pourrait bien devenir un solide allié...

Mais ces locuteurs peuvent-ils se rééduquer, se reformatéléviser, à partir du dernier quart restant, archivé, répertorié dans nos campagnes ?

Ou à partir de quoi ? Ou comment ?

Faire le deuil ? Muer, muter, inventer ? Oser bâtir de nouveaux Pays, à partir du peu qui reste ?


Artistes, scientifiques (des sciences humaines),

citoyens des trois-quarts et du dernier quart,

soufflant sur les braises encore chaudes de nos arbres calcinés,

doucement, le regard éloigné de nos cités,

à la campagne, moins contaminée, humblement,

car ces brûlés-vifs n'ont pas tant besoin de nous, que nous, d'eux,

entre mémoire et contemporain,

s'écoutent, se parlent, s'entendent.

Uèi

Que nos poussières s'enflamment et éclairent le chemin d'étoiles !

Rendez-vous à la Chapelle Notre-Dame de Fabrezan, au Festival du Son MiRé, Journées Haut-Parlantes, les 1, 2 et 3 septembre 2006

André Dion, Manifestival 2006.

* voir le site de Dominique Blanc sur "La revendication occitane"

**voir le site de l'Unesco

Festival Son Miré
6, 7 et 8 Septembre 2019

Musique, théâtre, poésie, vidéo, photo, dégustation de vin, ...

Village de Fabrezan dans l’Aude, à 5 km de Lézignan-Corbières.
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Texte à méditer :

Le défaut des Européens est de philosopher sur les origines d'après ce qui se passe chez eux

J.J.Rousseau, écrivain