Manifestival - Festival 2004

Le Son MiRé

Journées Haut-Parlantes 2004

Fabrezan

L’« art », dans les Pyrénées, est un lieu étroit, resserré - où se cache peut-être l’ours - par lequel on est obligé de passer...

Ce que dit l’artiste concerne les « siens », concerne ceux qui sont issus de sa propre culture qui l’a nourri : langue, carnaval, religion, danse, musique... (ceux qui viennent d’autres cultures peuvent bien sûr être touchés, mais peut-être pas aussi clairement, car les signes diffèrent).

Il crée, et sa création revisite les lois de son clan, de sa société, de son peuple ; ceux-ci le disent fou (le fada dans le sud...), hors les lois.

Lui, rejeté comme fou, se fouille, reprend sa peau d’ours, retourne au stade d’homme sauvage, tente par un dérèglement de tous les sens ou en s’immergeant dans les autres cultures, de se « réinitialiser » pour n’être de nulle part, universel... mais au bout de ce leurre, par cet éloignement du regard qu’il s’impose, perçoit seulement qui il est, quelles règles initiatiques l’ont formé, par quels codes plus ou moins sophistiqués il s’exprime, quelles structures culturelles l’encadrent : plus ou moins éclairé, il peut alors être utile, pour ceux de sa culture qui se perdraient... ceux-ci le disent sage, plein de savoir.

Fou, sage, c’est selon.

N’importe, entre l’artiste et sa culture, se tisse et se préserve une petite patrie collective, qui viendra nourrir le Grand Patrimoine de l’Humanité.

Or ce collectif, pour se préserver, doit paradoxalement se nourrir d’échanges, sinon, il meurt.

Cette terre d’accueil qu’est Fabrezan, sait cela. Elle l’a toujours su.

Tant de peuples ont su cohabiter en Septimanie qu’ici sont nées les notions de tolérance et d’amour, qui fondèrent l’Occitanie, puis l’esprit français médiéval et courtois, base de notre exception culturelle...

Mille ans plus tard, les nouvelles « invasions » de gens de grandes cités, en quête de soleil, ou, comble d’ironie, en quête d’identité, menacent, quoiqu’armées de leurs seuls chéquiers ou de leurs bras de travailleurs, d’asphyxier ce que l’économie de marché avait bien voulu laisser de ce petit pays : car, les nouveaux locaux et leur culture, parfois identitaire, mais surtout livresque ou médiatique, s’installent à haut-débit, et souvent sans voir l’indigène exsangue soit se recroqueviller sur lui-même, dans une attitude suicidaire comparable à celle de certaines tribus amazoniennes ou inuits, soit se défroquer pour rentrer dans le rang de cette même culture médiatique au profit du Grand Nivellement des Consommateurs, soit enfin, rentrer dans le conflit démesuré cœur au ventre, comme tant d’autres sur la planète, en Parlant Haut... accompagnés, de plus en plus, de certains de ces mêmes nouveaux locaux éclairés.

C’est pour rendre compte de toute cette réalité que tant de spécialistes ou d’artistes ont été invités à participer aimablement à ces Journées Haut-Parlantes, en investissant cet outil médiatique qu’est le haut-parleur (inventé par Charles Cros à Fabrezan !), pour que se mirent à Haut-Sens, toutes les cultures qui se croisent ici, à commencer par celle du pays d’accueil.

Votre venue nous serait une généreuse contribution, et une chaleureuse rétribution.

André Dion

Manifestival

Festival Son Miré
7, 8 et 9 Septembre 2018

Musique, danse, théâtre, poésie, vidéo, cinéma, photo, ateliers, ...

Village de Fabrezan dans l’Aude, à 5 km de Lézignan-Corbières.
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Informations :

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Texte à méditer :

Qui canta, pensa. 

Proverbe audois